Querelle de la moralité du théâtre en France

Dates

1639

Titre(s) endogène(s)

Observations sur la comédie de Molière intitulée « le Festin de pierre » (Rochemont)

Autre(s) titre(s)

Querelle de Dom Juan

Fiche rédigée par Isabelle Moreau . Dernière mise à jour le 24 December 2014.

Synopsis

Synopsis

Trois grands moments, dans une querelle qui traverse le siècle. Le premier, en 1639, est marqué par une attaque du ministre réformé André Rivet, à laquelle répond Georges de Scudéry, dans une Apologie du théâtre : cette première polémique ne semble pas avoir interféré avec le processus de développement et de régularisation du poème dramatique sous Richelieu.

Le deuxième grand moment de la querelle concerne la décennie 1660-1670 et touche à la fois Corneille, Racine et Molière. Parmi les amateurs, partisans et défenseurs du théâtre, il faut compter l’abbé d’Aubignac, l’abbé de Pure, Samuel Chappuzeau, sans oublier Richelieu, Mazarin ou encore Louis XIV. Charles Sorel, également favorable au théâtre, expose bien les différents enjeux de la querelle. Pierre de Villiers présente un dialogue entre Timante (qui attaque le théâtre) et Cléarque (qui le défend).

Parmi les adversaires du théâtre, on citera : Antoine Singlin, Varet, Senault, Mgr Bosquet, Barbier d'Aucour, Conti, Nicole, l’abbé de Voisin ou encore l’oratorien Jean Soanen.

Le troisième a lieu dans les dernières années du siècle et prend prétexte la lettre de Francesco Caffaro, publiée en tête d’un volume d’œuvres de Boursault. Cette Lettre d’un théologien présente une analyse favorable au théâtre et suscite les réfutations de Bossuet, de Henri Lelevel, de Charles de La Grange, de Jean Gerbais, de Laurent Pégurier, de Pierre Le Brun (de l’Oratoire) et de Pierre Coustel (ancien maître des Petites Ecoles de Port-Royal).

Enjeux

Enjeux

On peut se reporter à l’analyse de Charles Sorel dans De la connoissance des bons livres. L’ouvrage paraît en 1671, après une décennie d’affrontements continus entre partisans et adversaires du théâtre.

La querelle n’est pas nouvelle pour Sorel, mais elle a connu un tournant décisif à la parution du traité de Conti, en 1666. Jusque-là, les comédies « se defendoient davantage par la foule de leurs Auditeurs & Approbateurs » que par les traités élogieux des doctes. En 1666, paraît le traité d’« un grand Prince », amateur repenti de théâtre, prétendant démontrer la nocivité des comédies, au moment même où l’abbé d’Aubignac publie une Dissertation sur la condamnation des théâtres et entend distinguer les comédies honnêtes des « Comedies infames » seules condamnables. La divergence de point de vue marque un durcissement de la position dévote sur la question des spectacles. L’ouvrage de D’Aubignac va susciter, en 1671, une réfutation circonstanciée : la Défense du Traité de Mgr le Prince de Conti de l’abbé de Voisin. Si D’Aubignac assume une position convenue, largement partagée par les défenseurs de l’art dramatique, la réponse de Voisin est, quant à elle, traditionnelle.

Le premier argumentaire distingué par Sorel relève ainsi de l’argument d’autorité. L’ouvrage de Voisin se présente comme une volumineuse recension des références patristiques et conciliaires sur les spectacles, accompagnée d’une glose rigoriste. Les défenseurs de cet art dramatique plaident eux pour le distinguo : de même qu’il existe deux sortes de spectacles dramatiques, les farces et les « Tragedies ou Trage-Comedies pleines de raisonnemens Moraux & Politiques », il y a deux sortes d’acteurs. Il ne faut pas confondre les histrions et les pantomimes avec les comédiens sérieux. La querelle de la moralité du théâtre n’est pas dissociable de la question du comédien et de son infamie. L’enjeu du débat porte à la fois sur l’assimilation contestable de l’acteur à son rôle et sur « l’historicité de la représentation théâtrale » (Thirouin, 28).

Dans ce premier développement, le recours à l’autorité prédomine. L’autorité controversée des Pères n’est cependant qu’un aspect d’un débat qui touche également à l’évolution des représentations théâtrales. Plutôt que d’établir un parallèle historique maladroit entre les productions théâtrales antiques et modernes, le second argument insiste précisément sur leur évolution récente : Richelieu a « purifié » le théâtre, « on n’entend plus de ces Farces impudiques qui n’avoient que des railleries de crocheteurs, & dont les meilleurs mots n’estoient que des impertinentes Equivoques » (Sorel, 239). La condamnation des Pères de l’Église perd de son importance, s’il s’avère qu’ils condamnent un type de comédie qui n’existe plus aujourd’hui. L’argumentation historicisante des partisans du théâtre est habile, mais elle achoppe sur ce qu’il est convenu d’appeler « le paradoxe de Senault » : plus la comédie est morale, plus elle est immorale (Thirouin, L’aveuglement salutaire, p. 20 ; 40-45). Les comédies ont changé, il est vrai. Ce vernis d’honnêteté est d’autant plus dommageable qu’il endort la méfiance et apaise les scrupules :

Autrefois toutes les femmes se retiroient lors qu’on alloit commencer la Farce ; aujourd’huy on leur veut donner le plaisir d’y demeurer, ayant caché la malice si agréablement, qu’on croit qu’elles la peuvent entendre sans rougir. (Sorel 240)

C’est là un argument que l’on trouve exprimé dans le Traité de la Comédie et des spectacles de Conti.

En dernier ressort, les poètes et les comédiens concèdent à leurs adversaires les défauts des comédies actuelles (tant pis pour Molière), tout en protestant qu’il s’en fait peu et qu’il faut bien plaire au peuple quand on veut emplir les salles — eux-mêmes aimeraient autant « tirer du profit des Pieces serieuses quand elles sont en credit, afin de se conserver en honneur & en estime » (Sorel, 240-241). Ils s’imaginent qu’on épargnera ainsi leurs tragédies et leurs tragi-comédies qui sont « d’un style fort honneste ». C’est là se leurrer gravement, note Sorel : « Ils ne sçavent pas que maintenant on les bat en ruine, & qu’on les attaque par des chemins dont ils ne se sont point doutez. » Sorel, 241). C’est le troisième et dernier argument des contempteurs du théâtre, particulièrement bien exposé par Nicole dans son Traité de la Comédie. Plus la comédie est morale, plus elle est immorale, disait Senault. Selon Nicole, plus elle est réussie, plus elle est dangereuse. Un paradoxe exprimé en ces termes par Sorel : « Leurs Poëtes ont pensé avoir atteint au suprême degré de leur Art, d’avoir exprimé naïvement toutes les passions, & c’est où l’on trouve le plus de danger ; » (Sorel, 241). Les passions sont si bien représentées, dans les pièces modernes, qu’elles éveillent nécessairement, parmi le public, des passions mimétiques : l’amour mais aussi la colère, l’orgueil et l’ambition se propagent insidieusement de la scène à la salle par contagion passionnelle. Dès lors, l’effort de purification du théâtre apparaît vain. Il n’y a pas d’autre alternative que la « reformation generale » ou la « condamnation absolue » du genre (Sorel, 246) : c’est bien ce qu’attendent les dévots, mais pour Sorel, c’est aller un peu trop loin dans le sens de l’austérité.

Il n’y a point d’apparence de condamner toutes les Comedies, non plus que tous les Romans, à cause seulement que les passions y sont trop bien representées ; c’est à dire à cause que ces Pieces-là sont trop bonnes, & qu’on y voit des exemples naturels d’amour, d’ambition, d’avarice, de colere, de haine, & d’envie : Il ne faut donc pas aussi que l’on fasse aucune Histoire. Les Histoires les plus saintes décrivent toutes les passions & tous les crimes des hommes. Que dira-t’on contre elles ? On n’a pas envie de les supprimer. (Sorel 243-244)

Sorel affirme ainsi dans De la connoissance des bons livres : « la Comedie est un passe-temps honneste ». C’est là renvoyer les augustiniens à la vertu d’eutrapélie de Thomas d’Aquin, cet enjouement raisonnable qui accompagne la vraie sagesse. C’est aussi ce que rappelle Molière, dans la préface du Tartuffe : « […] supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des intervalles et que les hommes aient besoin de divertissement, je soutiens qu’on ne leur en peut trouver un qui soit plus innocent que la Comédie » (Préface de Tartuffe, Œuvres complètes, t. 1, p. 888).

Chronologie

Chronologie

Chronologie établie en suivant celle proposée par Laurent Thirouin in L’Aveuglement salutaire sur ce qu’il nomme la « Querelle du théâtre ».

1631 : P. Louis Cellot, Orationes, Paris, Sebastien Cramoisy, 1631. Le recueil culmine sur quatre discours intitulés Actio in histriones.

1639 :

André Rivet, Instruction chrétienne touchant les spectacles publics des Comoedis et Tragoedis, où est décidée la question, s’ils doivent être permis par le Magistrat, et si les enfants de Dieu y peuvent assister en bonne conscience ? Avec le jugement de l’Antiquité sur le même sujet. Publié à La Haye, 1639 (janv.)

Georges de Scudéry, Apologie du Théâtre, 1639. Réponse à l’attaque de Rivet.

1641 :

16 Avril 1641 : édit de Louis XIII prenant la défense des comédiens (déclaration faite sur l’incitation de Richelieu)

D’Aubignac rédige son « Projet pour le rétablissement du théâtre français » (à l’instigation du cardinal de Richelieu). Le projet ne sera publié qu’en 1657.

Réédition des Orationes du P. Cellot.

1643 : Corneille, Polyeucte

1644 : la Régente Anne d’Autriche se rend incognito au théâtre. Réaction du curé de St-Germain l’Auxerrois (été 1646)

1646 : Querelle de Théodore (représentée pendant la saison 1645-1646 ; imprimée le 31 oct. 1646)

1654, Godeau, nouvelle édition de ses Poésies chrétiennes, introduit un « Sonnet sur la Comédie »

1655 : « conversion » d’Armand de Bourbon, Prince de Conti

1657 : Abbé d’Aubignac, Pratique du théâtre. L’ouvrage est accompagné du Projet pour le rétablissement du théâtre français

1660 : Corneille, Trois discours sur le poème dramatique

1661 :

P. Senault, Le Monarque ou les Devoirs du Souverain. 4e Traité, 7e Discours : « De la magnificence des Princes dans les habits, dans les Festins et dans les spectacles publics ».

Antoine Singlin, « Lettre à la Duchesse de Longueville sur la Comédie ». Texte connu par les Mémoires pour servir à l’Histoire de Port-Royal de Nicolas Fontaine.

1662 : S. Caroli opuscula de choreis et spectaculis in festis diebus non exhibendis. Manuscrit trouvé par Mgr Bosquet (évêque de Montpellier) à Rome, abusivement attribué à st Charles Borromée ; édité en latin à Toulouse, dédié au Prince de Conti

1664 :

Louis XIV parrain du premier enfant de Molière (Louis)

Mgr Bosquet, Traité contre les danses et les comédies composé par saint Charles Borromée (traduction en français de l’édition toulousaine de 1662, dédiée à la Princesse de Conti, nièce de Mazarin.

1665 : querelle de Dom Juan

B. A. Sr. de R., avocat au Parlement, Observations sur une comédie de Molière intitulée le Festin de Pierre, A Paris, chez Nicolas Pépingué. Une 2e éd. (permis d’imprimer du 10 mai) porte au titre : « Par le Sieur de Rochemont ».

1664-1669 : Querelle de Tartuffe

1666 :

(janv.) : Racine, Lettre à l’auteur des Hérésies Imaginaires et des deux Visionnaires, suivie des divers épisodes de la querelle entre Racine et Port-Royal

(mars) : Varet, L’Education Chrétienne des Enfants, chap. 8 : « Avis touchant la comédie ». Texte composé vers 1656-57, selon l’avis préliminaire.

(août) : D’Aubignac, Dissertation sur la condamnation des théâtres. Développement du Projet pour le rétablissement du théâtre français

(déc.) : Conti : Traité de la Comédie et des spectacles, selon la tradition de l’Eglise, tirée des conciles et des saints Pères (parution posthume). Comprend le Traité de la Comédie et des spectacles ; la Tradition de l’Eglise sur la Comédie et les spectacles ; les Sentiments des Pères de l’Eglise sur la Comédie et les spectacles.

1667 :

Nicole, Les Visionnaires. Contient la 1e édition du Traité de la Comédie.

(nov.) : Corneille, Avis au lecteur d’Attila. Réponse de Corneille à Nicole et aux attaques de Port-Royal

1668 :

Nicole, Sur une critique de son Ecrit contre la Comédie. Lettre à Mme de La F[ayette] ( lettre 102)

Abbé Michel de Pure, Idée des spectacles anciens et nouveaux

1669

(mars) : Molière, préface de Tartuffe. Position de Molière sur la question de la moralité du théâtre.

28 juin : fondation officielle de l’Académie de musique, par Louis XIV. Lettres patentes du Roi distinguant les comédiens des chanteurs ou danseurs, désormais protégés par ce texte.

1671 : abbé de Voisin, Défense du Traité de Mgr le Prince de Conti. Joint le Traité de la Comédie de Nicole (2e éd.). Réfute D’Aubignac, Dissertation sur la condamnation des théâtres

1674 : Samuel Chappuzeau, Le théâtre français divisé en trois livres. Tentative de réhabilitation morale du théâtre.

1675 :

Pierre de Villiers (jésuite), Entretiens sur les tragédies de ce temps.

Nicole, Essais de Morale, t. 3, contenant le Traité de la Comédie.

1678 :

Nicole, Essais de Morale, t. 3 ( 2e édition) ; Traité de la Comédie en 10 chap.

Bernard Lamy, Nouvelles réflexions sur l’art poétique, Paris, André Pralard, sous la date fautive de 1668

1688 : Jean Soanen (de l’Oratoire), Sermon sur les spectacles. Sermon violent et provocateur qui comporte un passage sur la fausse compassion dans la tragédie.

1694 :

Francesco Caffaro (théatin italien), Lettre d’un théologien illustre. En tête d’un volume d’Œuvres de Boursault (donc sans approbation des docteurs, vu sa place dans une œuvre profane). Propose une doctrine de compromis inspirée du traité du jésuite Ottonelli, Della cristiana moderazione del teatro (1646).

Bossuet, Maximes et réflexions sur la Comédie – parmi six autres réfutations de Caffaro, dues à : Henri Lelevel, Charles de La Grange, Jean Gerbais, Laurent Pégurier, Pierre Le Brun (de l’Oratoire), Pierre Coustel (ancien maître des Petites Ecoles de Port-Royal)

1697 : Ambroise Lalouette, Histoire et abrégé des ouvrages latins, italiens et français pour et contre la comédie et l’opéra. Bibliographie sur la querelle pendant tout le siècle (comprend des erreurs).

Noms propres

Noms propres

Références

Références

Corpus

Corpus établi à partir de la bibliographie proposée par Laurent Thirouin in L’Aveuglement salutaire sur ce qu’il nomme la « Querelle du théâtre ».

Manuscrit :

Singlin, Antoine, Lettre à la Duchesses de Longueville in Mémoires pour servir à l’Histoire de Port-Royal de Nicolas Fontaine, Bibl. de l’Institut, Mss. 667 (pp. 204-209)

Textes imprimés :

Aubignac, François Hédelin, abbé d’, La Pratique du théâtre, Édition avec corrections et additions inédites de l’auteur (Paris, Antoine de Sommaville, 1657), préface et notes par Pierre Martino, Genève, Slatkine Reprints, 1996

Aubignac, François Hédelin, abbé d’, Dissertation sur la condamnation des théâtres. Paris, N. Pepingué, 1666

Balzac, J.-L. Guez de, Réponses à deux questions ou Du caractère et de l’instruction de la Comédie. In Œuvres diverses [1e éd. 1644], p.p. Roger Zuber, Paris, Champion, 1995 [Développement d’une lettre à Chapelain du 21 mars 1639]

[Bosquet, François], S. Caroli opuscula de choreis et spectaculis in festis diebus non exhibendis, Toulouse, 1662, attribué à Charles Borromée, dédié au Prince de Conti.

[Bosquet, François], Traité contre les danses et les comédies composé par saint Charles Borromée (traduction en français de l’édition toulousaine de 1662, dédiée à la Princesse de Conti, nièce de Mazarin) Paris, G. Soly, 1664

Bossuet, Maximes et réflexions sur la Comédie (1694) in Ch. Urbain et E. Levesque, L’Eglise et le théâtre, Paris, Grasset, 1930.

Caffaro, Francesco, Lettre d’un théologien illustre par sa qualité et par son mérite, consulté par l’auteur pour savoir si la Comédie peut être permise, ou doit être absolument défendue [Paris, Jean Guignard, 1694], in Ch. Urbain et E. Levesque, L’Eglise et le théâtre, Paris, Grasset, 1930, pp. 67-119.

Cellot, P. Louis, Panegyrici et Orationes, Paris, Sebastien Cramoisy, 1631 [rééd. 1641]

Chappuzeau, Samuel, Le Théâtre français divisé en trois livres, Lyon, Michel Mayer, 1674 (rééd. Paris, éditions d’Aujourd’hui, 1985)

Conti, Armand de Bourbon, Prince de, Traité de la Comédie et des spectacles [1e éd. Paris, L. Billaine, 1666], éd. Karl Vollmöller, Heilbronn, Verlag von Gebr. Henninger, 1881

Corneille, Le Cid [Paris, F. Targa et A. Courbé, 1637] in Œuvres complètes, éd. Georges Couton, Gallimard, 1980, 1984, 1987 (Bibliothèque de la Pléiade), 3 vol.

[Coustel, Pierre] Sentimens de l'Eglise et des SS. Pères, pour servir de décision sur la comédie et les comédiens, opposés à ceux de la lettre qui a paru à ce sujet, Paris, Veuve de C. Coignard, 1694

[Gerbais, Jean], Lettre d'un docteur de Sorbonne [J. Gerbais] à une personne de qualité sur le sujet de la comédie, Paris, C. Mazuel, 1694

Godeau, Poésies chrétiennes, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Pierre Le Petit, 1654

Lamy, Bernard, Nouvelles réflexions sur l’art poétique, Paris, André Pralard, 1678 [sous la date fautive de 1668]

La Grange, Charles de, Réfutation d'un écrit favorisant la comédie [Par le P. C. de La Grange.] Paris, E. Couterot, 1694

Lebrun, Pierre, Discours sur la comédie, où l'on voit la réponse au théologien qui la déffend, avec l'histoire du théâtre et les sentiments des docteurs de l'Église depuis le premier siècle jusqu'à présent, Paris : L. Guérin et J. Boudot, 1694

Lelevel, Henri, Réponse à la lettre du théologien, défenseur de la comédie, Paris, T. Girard, 1694

Molière, Œuvres complètes, éd. Georges Couton, Gallimard, 1971 (Bibliothèque de la Pléiade), 2 vol.

Nicole, Pierre, Les Visionnaires, ou seconde partie des lettres sur l’Hérésie Imaginaire, contenant les huit dernières, Liège, Adolphe Beyers, 1667. En annexe, la première version du Traité de la Comédie, pp. 452-495.

Nicole, Pierre, Essais de morale, contenus en divers traitez sur plusieurs devoirs importans. Troisième volume, Paris, G. Desprez, 1675

Nicole, Pierre, Traité de la Comédie, éd. Georges Couton, Paris, Les Belles Lettres, 1961 (voir la chronologie pour les multiples rééditions)

Nicole, Pierre, Sur une critique de son Ecrit contre la Comédie. Lettre 102 à Mme de La F[ayette] (1668), in Essais de Morale, ou Lettres écrites par feu M. Nicole, Tome huitième, Guillaume Desprez, 1733, pp. 348-353. Repris dans Mme de Lafayette, Correspondance, Paris, Gallimard, 1942, année 1676, t. 2, pp. 51-54

Pégurier, Laurent, Décision faite en Sorbonne touchant la Comédie. Avec une réfutation des Sentiments relâchés d’un nouveau théologien, sur le même sujet. Par M. l’Abbé L** P***, Paris, J.-B. Coignard, 1694.

Pure, abbé Michel de, Idée des spectacles anciens et nouveaux, Paris, Michel Brunet, 1668

Racine, Œuvres complètes, éd. Raymond Picard, Gallimard, 1950 et 1966 (Bibliothèque de la Pléiade), 2 vol.

Rivet, André, Instruction chrétienne touchant les spectacles publics des Comoedis et Tragoedis, où est décidée la question, s’ils doivent être permis par le Magistrat, et si les enfants de Dieu y peuvent assister en bonne conscience ? Avec le jugement de l’Antiquité sur le même sujet. Publié à La Haye, 1639 (janv.)

Rochemont, B. A. Sr. de, Observations sur une comédie de Molière intitulée Le Festin de Pierre, A Paris, chez Nicolas Pépingué, 1665. In Molière, Œuvres complètes, t. 2, pp. 1199-1208

Scudéry, Georges de, L’Apologie du Théâtre, Paris, 1639

Senault, Jean-François, Le Monarque ou les Devoirs du Souverain, 4e Traité, 7e Discours : « De la magnificence des Princes dans les habits, dans les Festins et dans les spectacles publics », Paris, Pierre Le Petit, 1662 [1e éd. 1661]

Varet, Alexandre, « Avis touchant la comédie », in De l’Education Chrestienne des Enfans, selon les maximes de l’Ecriture Sainte et les instructions des Saints Pères de l’Eglise, Paris, Pierre Promé, 1666, chap. VIII, pp. 268-296.

Villiers, Pierre de, Entretien sur les tragédies de ce temps, Paris, E. Michallet, 1675.

Voisin, Joseph de, Défense du Traité de Mgr le Prince de Conti touchant la comédie et les spectacles, ou la réfutation d’un livre intitulé : Dissertation sur la condamnation des théâtres, Paris, Coignard, 1671.

Sources secondaires

Lalouette, Ambroise, Histoire de la comédie et de l'opéra, où l'on prouve qu'on ne peut y aller sans pécher. Paris, L. Josse, 1697. - Même ouvrage que : Histoire et abrégé des ouvrages latins, italiens et françois pour et contre la comédie et l'opéra, Paris, C. Robustel, 1697.

Sorel, Charles, De la connoissance des bons livres ou examen de plusieurs autheurs, Paris, André Pralard, 1671, p. 232-248.

Bibliographie critique

Laurent Thirouin, L’aveuglement salutaire. Le réquisitoire contre le théâtre dans la France classique, Paris, Champion, 1997

Marc Fumaroli, « La querelle de la moralité du théâtre au XVIIe siècle » [exposé et discussion], Bulletin de la Société française de philosophie, Juill.-sept. 1990, p. 65-97

M. Fumaroli, « Sacerdos sive rhetor, orator sive histrio, rhétorique, théologie et “moralité du théâtre” en France de Corneille à Molière », dans : Héros et orateurs, rhétorique et dramaturgie cornéliennes, Genève, Droz, 1990 p. 449-491

Gérard Ferreyrolles, Molière, Tartuffe, PUF (coll. « Études littéraires »), 1987

Paul Bénichou, Morales du grand siècle, Gallimard, 1948

René Bray, La Formation de la doctrine classique en France, Paris, Nizet, 1945

Sur la première moitié du siècle, voir : Jean Dubu, « À propos de l’Apologie du théâtre de G. de Scudéry : l’influence de l’Instruction chrestienne touchant les spectacles publics des Comoedies & Tragoedies du Pasteur André Rivet », in : Les trois Scudéry, actes du colloque du Havre, 1-5 oct. 1991, Paris, Klincksieck, 1993, p. 257-267

J. Dubu, « L’essor du théâtre et sa condamnation par les autorités ecclésiastiques de 1550 à 1650, in : Renaissance européenne et phénomènes religieux, 1450-1650, Actes du Festival d’histoire de Montbrison (3 au 7 oct. 1990), p. 105-116

Jean Mesnard, « Richelieu et le théâtre », in La culture du XVIIe siècle, PUF, 1992, p. 168-181

M. Fumaroli, « La querelle de la moralité du théâtre avant Nicole et Bossuet », RHLF, nov.-déc. 1970, p. 1007-1030.

Isabelle Moreau, « Guérir du sot ». Les stratégies d’écriture des libertins à l’âge classique, Paris, Honoré Champion, 2007 (pour l’analyse de Sorel, De la connoissance des bons livres)

Liens

Liens

Liens vers d'autres querelles associées

Cid (querelle du)

Dom Juan (querelle de)

Tartuffe (Affaire)

Moralité du théâtre en Angleterre (querelle de la)

Théodore (querelle de)

Visionnaires (querelle des)